Aujourd'hui, pas d'images, pas de vidéos. Je fais te faire profiter d'une réponse dont je me suis fendu sur un forum (moi qui n'écris que très rarement mais profite toujours des échanges intéressants et souvent passionnés).
Ca fait faire 5 ans bientôt que je cotoie ce beau métier du conseil de près ou de loin, même si le près est de moins en moins loin... Toujours beaucoup de débats autour de cette activité, souvent mal connue, même de la part des jeunes diplômés sur le point de s'y engager. Alors récemment j'ai pris mon plus beau clavier pour réagir à certaines phrases que j'entendais. J'espère avoir réussi à éviter le cynisme et surtout le cliché parce qu'en toute franchise, la simplicité est tellement plus agréable :-).
Si tu te poses la question mon cher blog, saches que je suis toujours dans ce beau métier et j'en profite pleinement. Pour le moment je m'y épanouis et peux dire que j'ai fait mon choix en connaissance de cause...enfin je crois...
Voilà donc en toute simplicité mes quelques commentaires suite à des questions que se poserait un jeune diplômé (bon reflexe, c'est vivement conseillé) :
1/ On est un numéro
Biensur…que oui. Certains disent préférer une petite structure "familiale" parce que dans les grandes boites de conseil, on est un numéro. C’est vrai que tu es un numéro, mais ce n’est pas l’apanage des cabinets, plutôt des grandes boites en règle générale. Ce qui renforce cette impression est peut être dû à la prestation de service qui impose une présence plus importante chez le client et donc un éloignement du bureau de l’entreprise. Il faut juste le savoir… et savoir en jouer. Ce qui peut être un avantage c’est la possibilité de bouger. Changer de mission ? Partir à l’international ? Changer de ligne de service ? Facile dans un cabinet de 20 personnes ? Non.
En l’occurrence ce débat est en plus stérile pour un jeune diplômé qui souhaite "faire carrière". Tous les spécialistes s’accordent sur un point : "Le passage par un cabinet de référence vaut autant (en France peut être) voire plus (à l’étranger surement) qu’un beau diplôme. On prendra un jeune expérimenté et étant passé par un grand cabinet parce que la sélection a déjà été rude, qu’il a la tête bien faite, parce qu’il est passé sur des projets valorisant et surtout parce qu’il a continué à être formé et qu’il a acquis une méthodologie reconnue. Dans la pratique, est-ce vrai ? Loin d‘être sûr mais peu importe de toute façon puisque c’est une croyance établie, autant en profiter
2/ Les juniors ont des tâches intéressantes
Intéressantes oui, au début et dans le sens où intéressant égal nouveau, certainement. Puis abrutissante par la suite, c’est souvent le cas. Ce n’est pas une règle mais c’est souvent avéré et un incontournable du conseil de toute façon, et ce, quelle que soit la practice : de la rédaction de specs aux comptes-rendus, en passant par les présentations et la formalisation de processus, tout est bon pour les débutants. "En même temps qu’ils ne se plaignent pas, dans l’audit c’est pire !" mouais…
Le résultat : un turn-over énorme les premières années, et par que pour changer de secteur. Certains font ce choix en espérant gravir les échelons plus vite chez les concurrents, et réaliser un "jump", parfois effectivement payant. A croire que les cabinets ne savent pas s’appliquer la bonne vieille loi du "coute moins cher à fidéliser qu’à conquérir"…
3/ "Des grandes missions pour être visibles"
J’aime ces ambiances chaleureuses appelées "plateaux projets", où on est tous ensemble, tous pareils mais si on est les seuls en costume. C’est sympa, 2 minutes. Alors oui, c’est toujours valorisant de bosser sur un grand compte du CAC, ça fait bien sur le CV, mais faut être prêt à se démarquer. Un état d’esprit, en somme… . A l’inverse être seul sur un projet, c’est bien, mais pour être visible auprès de sa hiérarchie, il trouver d’autres opportunités pour le cabinet. Ca l’est beaucoup moins si c’est pour remplacer un salarié en mission indéterminée avec tous inconvénients d’un prestataire (reconnaissance en interne, petite main…).
4/ Tu sacrifies tes belles années
Non tu investis dans ton avenir, c’est différent… .Arlésienne quand tu nous tiens… Le choix, tout le monde l’a et doit se poser la question : "Est-ce que je souhaite faire carrière et donc la mettre en priorité" ou "Est-ce que je souhaite mettre en priorité ma qualité de vie". Les deux sont possibles…compatibles rarement… et encore moins en début de carrière. J'entends encore des "mais si, c'est possible", et je ne peux que le souhaiter, moi je me le souhaitais en tous cas.
L’autre question serait "Suis-je sûr du retour sur investissement ?" Oui la plupart du temps, sinon il faut changer son fusil d’épaule. Il faut cependant reconnaitre une chose, le conseil est un starter et permet de gagner confortablement sa vie en évoluant rapidement la plupart du temps, question de choix après.
5/ Alors quel cabinet est le meilleur ?
Est-ce vraiment la meilleure question ? Ce serait plutôt quel est le meilleur cabinet pour moi ? Et à la limite de l’approche consumériste pure, que va-t-il m’offrir ? Cela revient à noter les cabinets en fonction des critères suivants : nombre/qualité des formations ? Poids dans les partenariats éditeurs ? Reconnaissance France/étranger ? Politique voyage/déplacements ? Facilité de changer de bureau/pays ? Avantages hors rem ? Richesse/pertinence de la base de connaissance ?
D’autres critères tels que l’avancement, les grades, les salaires sont de plus en plus similaires et il devient difficile de départager les cabinets là-dessus.
6/ Quelles seront mes missions ?
Sur ce point : attention ! Pour un nouvel embauché la première mission ne sera jamais vraiment un choix, le choix des missions suivantes doit par contre être collégial. Cette concertation a toujours tendance à être davantage pratiqué pour un senior, ce qui n’est pas normal mais perdurera tant que ce ne sera pas contesté. C’est dommage d’autant que c’est souvent ce qui conditionne le bien être du consultant sur sa mission. Pour les jeunes diplômés, le piège aurait même tendance à se former dès l’embauche ! Généraliste le plus souvent, il sera placé dans des practices en fonction des besoins du cabinet la plupart du temps. Charge à lui de se positionner à priori (importance des prises de références et informations préalablement…).
7/ Quel sera mon patron ?
Mon manager ? Mon parrain ? Mon associé ? Ma responsable RH ? Euh… oui un peu tous. Là encore des avantages ou des inconvénients ? J’aurais tendance à dire plutôt des inconvénients car ça peut vite devenir le problème que l’on connait avec France Telecom et les opérateurs internet : je ne peux pas traiter le problème, c’est l’autre. L’avantage cependant est l’exutoire (balancer sur son chef) et les possibles alternatives en cas de manager tyrannique…
Ceci dit le vrai patron ne sera pas là où on le cherche. Le vrai patron, c’est avant tout le client. Vous avez compris où chercher votre augment’ ?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire